Responsive image

Récolte des céréales 2018 : la contamination accrue en mycotoxines du blé panifiable sous contrôle de la branche

Swiss granum surveille, dans le cadre d’un monitoring en collaboration avec Agroscope, le risque de contamination des céréales en mycotoxines avant et après la récolte. Le niveau de contamination en déoxynivalénol du blé panifiable est cette année supérieur à celui de 2017. Les contrôles effectués par les centres collecteurs lors de la prise en charge ont permis d’éviter les problèmes pour les transformateurs. Les producteurs eux-mêmes peuvent réduire fortement le risque de contamination par la rotation et le travail du sol.

Le groupe de travail « Sécurité alimentaire » de swiss granum a tiré le bilan des monitorings pour le blé pani-fiable, l’orge et le triticale de cette année. Les résultats des analyses sont présentés dans le document ci-joint.

Blé panifiable
Certains lots de blé panifiable n’ont cette année pas pu être utilisés dans le canal des céréales panifiables ni dans celui des céréales fourragères. Entre 6'000 t et 7'000 t de blé panifiable ont dû être déclassées en blé fourrager et une quantité d’environ 300 t a même dû être éliminée, ce qui représente une grande perte de revenu pour les producteurs concernés.
La déoxynivalénol (DON) a été détectée cette année plus fréquemment dans le blé panifiable qu’en 2017. Le niveau de contamination en DON reste cependant légèrement inférieur à celui de 2016. Sur un total de 116 échantillons de blé panifiable analysés de la récolte 2018, 79% étaient exempts ou présentaient une conta-mination en DON inférieure à la limite de détection (DON <0.2 ppm respectivement mg/kg). 18% des échan-tillons analysés possédaient une teneur comprise entre 0.2 et 0.75 mg/kg. Deux échantillons (2%) se si-tuaient entre 0.75 et 1.25 mg/kg. Un échantillon (1%), avec une teneur maximale à 2.38 mg/kg, dépassait la valeur limite en vigueur pour les céréales non transformées de 1.25 mg/kg. La contamination accrue en DON du blé panifiable s’explique principalement par les jours avec des conditions météorologiques favorables à l’infection avec Fusarium graminearum durant et surtout directement après la floraison du blé.
Le risque de contamination pronostiqué avant la récolte avec FusaProg et par le groupe de travail « Sécurité alimentaire » a ainsi été confirmé. Même si certains lots isolés ont présenté des contaminations parfois im-portantes lors des livraisons, le risque en mycotoxines est maîtrisé grâce aux contrôles et analyses effectués à l’échelon des centres collecteurs. Grâce aux mesures prises, les échelons en aval de la filière, les moulins et les boulangeries ont la garantie de disposer, cette campagne aussi, de céréales panifiables et farines conformes.

Orge et triticale
La récolte d’orge présentait cette année un niveau de contamination en DON très faible. Sur un total de 48 échantillons analysés, 17% présentaient une contamination en DON supérieur à la limite de détection. Pour 15% des échantillons, la teneur en DON se situait entre 0.2 et 0.5 mg/kg. Une teneur supérieure à 0.5 mg/kg n’a été détectée que dans un seul échantillon (2%). La teneur maximale se situait à 0.89 mg/kg. La très faible contamination en DON s’explique probablement par les conditions d’infection défavorables (temps sec) pour le champignon F. graminearum durant l’épiaison et la floraison de l’orge.
Le niveau de contamination en DON pour le triticale est en 2018 à un niveau légèrement inférieur à celui de 2017. Sur un total de 38 échantillons analysés, 63% présentaient une teneur en DON comprise entre 0.2 et 0.5 mg/kg, 8% une teneur entre 0.5 et 1 mg/kg et 3% (1 échantillon) étaient supérieures à 1 mg/kg. La teneur maximale se situait à 4.8 mg/kg.
La zéaralénone (ZEA) n’a été analysée que sur les échantillons présentant une teneur en DON supérieur à 0.3 mg/kg. Pour l’orge et le triticale, seuls 6 respectivement 22 échantillons ont été analysés. La ZEA n’a été détectée dans aucun échantillon.

Maïs grain
Les premiers résultats mesurés du monitoring mycotoxines pour le maïs grain seront disponibles seulement à partir de fin octobre. En raison des conditions très sèches et chaudes durant tout l’été 2018, il faut s’attendre à une faible contamination en DON. Les espèces de fusarioses (F. verticillioides, F. proliferatum) produisant la fumonisine pourraient cependant être davantage présentes que lors des années 2015 et 2017.
Semis 2019
La problématique des mycotoxines concerne chaque producteur, qui peut réduire fortement le risque de contamination à l’aide d’une rotation appropriée et d’un travail du sol adapté. Ces critères doivent être pris en considération lors des semis. Concernant l’attaque par F. graminearum et la contamination en DON, on veillera en particulier à:

  • Eviter une rotation trop chargée en céréales et particulièrement en maïs,
  • Broyer finement les résidus de récolte et les enfouir proprement dans le sol (pas trop profond lors d’un labour, la décomposition des résidus de récolte étant réduite),
  • En cas de travail du sol sans incorporation complète des résidus de récolte : éviter de semer du blé, du triticale ou de l’orge après du maïs, ou du triticale après du blé,
  • Choisir des variétés peu sensibles et des semences certifiées.

Ces critères sont impérativement à prendre en compte lors des semis. La fiche technique 2.53.5/6 d’Agridea fournit des plus amples informations à ce sujet. Les recommandations préventives sont également dispo-nibles sur www.swissgranum.ch (rubrique Directives / Conditions de prise en charge).